1. Pouvez-vous nous présenter Trocadéro Capital et votre mission ?
Trocadero Capital Partners (TCP) est une société indépendante, détenue à 100% par ses associés avec un esprit entrepreneurial qui nous permet de parfaitement comprendre les enjeux et les contraintes qui pèsent sur les dirigeants des PME et ETI que nous accompagnons.
TCP s'est engagée dans une politique d'investissement durable pragmatique et exigeante pour réconcilier durablement impact financier et extra-financier. C’est dans ce cadre que nous avons lancé notre fonds d’investissement de capital-développement et capital-transmission Trocadero Environnement & Performance I. Le fonds prend des participations en capital, minoritaires ou majoritaires, pour accompagner les entreprises dans leurs opérations de développement et de transmission tout en les aidant à réduire leurs émissions de CO2, en ligne avec les objectifs de l’Accord de Paris. A ce titre, nous sommes membres de plusieurs initiatives internationales dont l’Initiative Climat International et l’Association pour la transition Bas Carbone (ABC).
2. Comment articulez-vous la notion de performance durable entre enjeux environnementaux et économiques ?
Les objectifs de rentabilité que nous offrons à nos investisseurs sont parfaitement alignés avec les performances du capital-développement classique. Tout simplement parce que nous concevons la durabilité comme une manière de piloter les risques et la performance avec une vision long terme. Cela nous permet de mieux anticiper les zones de turbulence à venir et de préparer les entreprises à y faire face.
Grâce à notre travail d'accompagnement personnalisé sur la décarbonation, nous aidons les entreprises à améliorer leurs process existants, voire à les transformer, toujours dans une double recherche de performance économique et environnementale. Nous sommes convaincus que cette double approche contribuera à accroître la valorisation future des entreprises.
3. Quelles sont les étapes clés de votre intervention dans leur transformation ?
Le succès de notre approche repose sur l’intégration d’une Responsable de la Performance Durable au sein même des équipes d’investissement.
4. Comment adaptez-vous votre accompagnement aux spécificités des entreprises familiales (uniquement si concerné) ?
Selon notre point de vue, la spécificité des entreprises familiales ne nécessite pas un ajustement particulier de la méthode de décarbonation. Nous constatons simplement que lorsque les organes de gouvernance font cohabiter deux générations, la « jeune » génération apparaît d’emblée plus sensibilisée à la problématique environnementale, et donc plus motrice.
5. Qu’est-ce qui motive les entreprises à s’engager dans une stratégie de transformation durable ?
Les dirigeants d’entreprise prennent de plus en plus la mesure des risques opérationnels directement liés aux catastrophes climatiques. Mais par un manque de temps et de ressources lié à leur taille, les PME sont encore mal outillées pour appréhender les risques climatiques, les risques de non-conformité réglementaire sur le plan environnemental, mais aussi les risques géopolitiques qui ont des répercussions sur leurs prix d’approvisionnement, notamment en énergie.
Notre accompagnement est très pragmatique car toujours connecté à la réalité du modèle économique et du marché de chaque société. Grâce aux ateliers de travail que nous organisons avec les équipes, parfois avec l’appui d’experts extérieurs, nous arrivons rapidement à dessiner un plan d’actions concret à court terme, moyen terme et plus long terme. Nous définissons des objectifs quantitatifs atteignables, et cela crée généralement une dynamique collective très favorable. Les collaborateurs trouvent un sens nouveau à leur travail, cela renforce la cohésion et la marque employeur, tout en cultivant une image d’exemplarité auprès des clients qui sont de plus en plus nombreux à intégrer des critères environnementaux dans leurs cahiers des charges.
6. Quels sont les retours d’expérience des entreprises déjà engagées ?
La première société que nous accompagnons a entièrement revu sa politique de transport logistique (flotte électrique, tournées de livraison mutualisées pour réduire les coûts), son process d’emballage pour limiter les taux de vide dans les paquets et par là-même diminuer les achats de cartons. Ces premières actions ont un impact positif sur la marge opérationnelle et améliorent l’empreinte environnementale du service.
7. Quels freins ou résistances identifiez-vous, et comment les lever ?
Nous n'avons pas identifié à date de limites au déploiement de notre stratégie de transformation, si ce n'est qu'elle nécessite :
8. Comment accompagnez-vous les entrepreneurs dans l’évolution de leur stratégie ?
Indéniablement par un accompagnement personnalisé. C’est la véritable clé du succès, notamment dans les entreprises de petite taille qui manquent de ressources pour adresser ces enjeux à la fois techniques et de long terme (cf. question 5).
9. Quelle est la typologie des investisseurs qui participent à vos levées de fonds ?
Nos investisseurs sont des acteurs institutionnels bien connus qui cherchent eux-mêmes à prendre le virage d’une finance plus responsable. Il s’agit de bpifrance, du Fonds Européen pour l’Investissement, de Swen Capital Partners, ou encore de groupes mutualistes engagés sur cette thématique. Mais également de plus en plus d’entrepreneurs qui souhaitent investir une partie de leur patrimoine dans des actifs réels « qui font sens » et qu’ils seront fiers de transmettre à leurs héritiers.
10. Quelles sont leurs motivations : rentabilité, impact, engagement sociétal ?
Nos investisseurs recherchent à la fois une rentabilité financière et une performance environnementale élevées. La thèse d’investissement que nous soutenons est très éloignée des approches philanthropiques qui étaient à l’origine de l’« impact investing » au début des années 2000.
La motivation de nos investisseurs consiste donc bien à créer un haut niveau de valeur financière tout en protégeant l’environnement.
11. Quelles sont les grandes tendances que vous observez dans l’investissement à impact ?
L’investissement à impact a beaucoup évolué en 20 ans ; il est passé d’une approche philanthropique à une approche marchande teintée de valeurs humanistes et éthiques, ce qui en fait un « capitalisme responsable ».
Malgré les soubresauts politiques venus d’outre-Atlantique, les banques centrales européennes ont toutes pris la mesure que faisait peser sur notre économie la non-anticipation du changement climatique. Les grands investisseurs financiers que sont les groupes bancaires et les assureurs l’ont eux aussi bien intégré à leur scénario stress test.
Par ailleurs, les analyses long terme des indices cotés en bourse avec une dimension ESG (environnementale, sociale et de gouvernance) montrent que leurs performances ne déméritent pas, au contraire ! L’indice Standard & Poor ESG surperforme légèrement l’indice non ESG sur les 5 dernières années.
L’investissement à impact est donc une tendance de fond qui se répand de plus en plus largement dans le monde de la gestion d’actifs cotés et non cotés.
12. Quel message souhaitez-vous adresser aux entrepreneurs qui hésitent à franchir le pas ?
Il existe des produits financiers comme des fonds articles 9 qui permettent de préserver l’environnement sans sacrifier la performance financière. La règle de la diversification de son portefeuille d’actifs demeure une règle de base. C’est bien pour cela que notre fonds Trocadero Environnement & Performance est un fonds Décarbonation multisectoriel, sans aucun risque de surexposition à un seul secteur économique.
Un actif qui préserve son environnement direct et le climat aura probablement bien plus de valeur demain.












